LA FIV

La Fécondation In Vitro (FIV) classique consiste à mettre en présence, dans un milieu de culture « in vitro », donc hors de l’organisme de la femme, ovocytes et spermatozoïdes pour faciliter une fécondation. Ceci n’est possible que si ovules et spermatozoïdes sont sans anomalie. Pour les spermatozoïdes jugés anormaux, la méthode de l’Injection Intracytoplasmique de Spermatozoïdes (ICSI) est préconisée.

Indications pour une FIV

La FIV est indiquée dans plusieurs cas d’infertilité, comme :

  • Les anomalies des trompes utérines : recommandée lorsque les trompes de Fallope sont bouchées ou absentes, car la fécondation se produit normalement dans celles-ci.
  • L’infertilité masculine : utilisée en cas de problèmes de fertilité chez l’homme, comme des anomalies dans la quantité ou la qualité des spermatozoïdes.
  • L’échec des autres traitements : option envisageable si les traitements pour les anomalies d’ovulation ou de la glaire cervicale échouent, ou après l’échec d’autres formes de traitement de l’infertilité.
  • L’infertilité inexpliquée : indiquée lorsque la cause de l’infertilité ne peut être identifiée.

C’est le traitement de première intention, quelle que soit l’infertilité chez des femmes de plus de 38 ans.

Principe de la FIV

Un cycle de FIV comprend l’ensemble des étapes suivantes :

1. Stimulation ovarienne

La FIV est associée à une stimulation ovarienne multiple. De fortes doses de gonadotrophine sont prescrites afin de favoriser la production multiple d’ovocytes.

L’objectif est de pouvoir obtenir le plus grand nombre de follicules matures. Pour éviter l’ovulation spontanée (qui peut avoir lieu en raison des fortes doses de gonadotrophines administrées), deux types de protocoles peuvent être utilisés afin de bloquer la production naturelle de FSH et LH :

Protocole agoniste de la GnRH : débute avant ou au même moment que la stimulation ovarienne.

Protocole antagoniste de la GnRH : débute 6 jours après la 1ère injection de gonadotrophines, il est associé à un suivi par prise de sang et échographie. Une pilule contraceptive peut être prescrite en amont.

Le choix du protocole est défini par le médecin en fonction de la situation de la patiente.

La stimulation ovarienne dure environ 10- 15 jours.
L’ovulation est ensuite généralement déclenchée, lorsque les follicules sont considérés comme parvenus à maturité.

La ponction est programmée 36 à 39h après le déclenchement.

2. Ponction des follicules

Les ovocytes matures sont prélevés par ponction ovarienne après la stimulation des ovaires.

La ponction consiste en une courte intervention chirurgicale (environ 30 min), ayant lieu sous anesthésie générale ou locale et sous contrôle échographique.

Une aiguille fine est utilisée pour traverser la paroi vaginale et le contenu des follicules (ovocytes et liquide folliculaire) est recueilli dans une seringue.

3. Préparation du sperme

La FIV peut être réalisée avec le sperme du partenaire, ou dans certains cas, avec celui d’un donneur.

Tout comme pour l’insémination intra-utérine, le sperme est d’abord recueilli puis liquéfié avant de subir une série de traitements pour concentrer les spermatozoïdes les plus mobiles.

Ces traitements consistent également à éliminer le liquide séminal et les débris cellulaires qui pourraient causer des contractions utérines ou augmenter le risque d’infections.

Cette préparation vise à augmenter les chances de fécondation en introduisant dans l’utérus les spermatozoïdes les plus mobiles et qualitatifs, tout en reproduisant les modifications subies par les spermatozoïdes lors d’un rapport sexuel.

4. Fécondation

Lors d’une FIV classique, tous les complexes cumulo-ovocytaires sont mis au contact des spermatozoïdes sélectionnés et le processus de fusion des gamètes se fait naturellement.

Lors d’une ICSI, seuls les ovocytes matures seront mis en fécondation avec un spermatozoïde injecté directement dans leurs cytoplasmes à J0.

5. Développement embryonnaire

Les ovocytes fécondés auront une chance de devenir des embryons qui seront mis en culture pendant 3 à 5 jours en laboratoire.

6. Transfert d’embryon

Au bout de ces quelques jours de développement, l’embryon est transféré dans l’utérus de la patiente.

Généralement, un traitement à base de progestérone, en forme injectable, vaginale ou orale, est prescrit par le médecin afin d’aider à préparer la muqueuse utérine à la nidation.

Un test de grossesse est réalisé environ 10 jours après le protocole de FIV.

Pour en savoir plus sur le développement et le transfert embryonnaire, consultez notre article: développement embryonnaire et vitrification.

Focus sur la fécondation avec micro-injection (ICSI)

Cette technique de fécondation in vitro peut être proposée lorsqu’une faible mobilité ou une faible concentration des spermatozoïdes est constatée, ou encore à la suite d’échecs de fécondation lors de précédentes tentatives de FIV classique.

L’ICSI offre un espoir renouvelé pour de nombreux couples aspirant à devenir parents.

L’ICSI implique l’injection directe d’un seul spermatozoïde à l’aide d’une pipette dans l’ovocyte de la femme.

Contrairement à la FIV traditionnelle où les spermatozoïdes sont placés à proximité de l’ovocyte dans une éprouvette, l’ICSI nécessite un équipement spécialisé et un haut degré d’expertise technique pour sélectionner un spermatozoïde et l’injecter avec précision dans l’ovocyte.

Un total de 4 FIV peut être remboursé en France. Le taux de réussite moyen d’une FIV en France est d’environ 25 à 30% par cycle. Cependant, il existe des variations significatives basées sur des facteurs spécifiques comme l’âge, le type de transfert (frais ou congelé), et si le taux est calculé par ponction ou par transfert d’embryons.